Sur la ligne 15 Ouest la démolition d’une barre d’immeubles datant des années 80 à Gennevilliers (Hauts-de-Seine), en vue de la construction de la future gare Les Agnettes, fait l’objet de toutes les attentions. Des dizaines de kilos de gravats ont été collectés pour ensuite être transportés chez Géos, un laboratoire d’analyses spécialisé dans les matériaux issus du BTP.

Ce prélèvement du béton a été fait à la demande de la société du Grand Paris qui a voulu savoir si le béton utilisé lors de la construction des immeubles pouvait avoir une seconde vie. Était-il d’une qualité suffisante ? Ce n’est que quelques semaines plus tard, une fois les analyses effectuées que le laboratoire a rendu ses premières conclusions : le béton est de bonne qualité. 

Une série de critères ont été retenu pour évaluer ce béton : sa masse, sa résistance à l’eau, son comportement dans le concasseur ou encore la présence de sulfates. 

Ce dernier aspect nécessite une grande vigilance puisque, au contact de l’eau, ils peuvent faire gonfler le ciment et le fragiliser. Ces sulfates se retrouvent dans les plâtres. «Dans les destructions, on mène la guerre aux plâtres, on demande aux déconstructeurs de curer les murs pour le diminuer, relate Robin Cres. Mais curer est un travail pénible qui a aussi un coût. Donc s’il y trop de plâtre, ça devient rédhibitoire…». Pour l’immeuble des Agnettes, le bilan des analyses sorties de laboratoire est encourageant. «Il y a ici une alerte sur la présence de plâtre et de tapisserie, mais le béton étant de très bonne qualité, on peut pousser le déconstructeur à intensifier le curage pour aller chercher sa valeur maximale», récapitule Robin Cres. 99% du béton des Agnettes s’avère recyclable soit dans d’autres constructions soit dans des travaux de voiries.

Pour quelle utilisation ou réutilisation ?

L’étape suivante consistera à identifier des débouchés pour recycler une telle quantité de béton, estimée entre 8 000 et 10 800 tonnes. La loi autorise son emploi jusqu’à 30% dans du béton prêt à l’emploi, utilisable pour les dalles et structures. La balle est désormais du côté des maîtres d’ouvrage. Ce sont eux qui peuvent intégrer à leurs cahiers des charges une obligation d’utiliser ce béton recyclé. 

A suivre.


© Société du Grand Paris / Gérard Rollando