C’est à Aubervilliers il y a quelques semaines, sur le chantier du puits Agnès, qu’un camion grue électrique Volvo est intervenu pour la première fois sur un chantier français.

Une première destinée à limiter l’impact environnemental des travaux et à améliorer les conditions de travail des ouvriers, notamment en les protégeant du bruit.

Ce camion grue plateau, qui sert à des travaux de démolition, est un pionnier puisqu’il s’agit d’un des sept premiers camions électriques d’Europe et du premier dans le domaine du BTP, les six autres étant dédiés à la distribution en ville ou aux ordures ménagères.

Plus onéreux que le moteur thermique et amenant avec lui  des contraintes logistiques, le choix de l’électrique résulte essentiellement de celui du volontarisme. 

Partout où elle le peut, la Société du Grand Paris pousse en faveur des énergies alternatives, ne dégageant pas de CO2.

« On a réfléchi aux camions à gaz, aux biocarburants…, explique Alain Bertoni, directeur du service Matériel d’Eiffage Génie Civil, à un moment ou les constructeurs ont commencé à sortir les premiers camions électriques. On y a vu une occasion ! ».

Outre l’absence de dégagement de CO2, le silence dans lequel évolue le camion est un atout environnemental important. C’est également un atout santé pour les ouvriers en protégeant leur audition. « Niveau bruit, c’est imbattable », assure William Delaunay, conducteur de travaux au puits Agnès situé entre la gare du RER B La Plaine Stade-de-France et le canal de Saint-Denis… Lorsque la grue effectue ses manipulations, seules les pompes hydrauliques dégagent un léger bruit, beaucoup plus faible que celui d’un camion classique.

L’absence de gaz d’échappement représente un autre atout. « Ce type de véhicule peut être intéressant pour les parties de chantier effectuées en tunnel ou sous des dalles de puits où il faut ventiler actuellement pour que l’air reste sain… », note William Delaunay.

La limitation de son autonomie à 160 kilomètres est un paramètre qui doit être pris en compte dans ses cheminements. Cette contrainte oblige à se poser d’autres questions quant à la façon d’optimiser le parcours du véhicule « Ce camion nous permet de revoir notre méthode de travail, note Alain Bertoni.»

De taille encore modeste, 14 tonnes à vide, l’engin peut déplacer 12 tonnes de charge utile. Il a le mérite d’ouvrir une voie : celle de la révolution silencieuse et du faible niveau d’émission de gaz à effet de serre dans le monde des travaux publics…


© Société du Grand Paris / Claire-Lise Havet